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Note37

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Le feu sur l'argile : une possible mémoire technologique de l'Égypte ancienne dans le Coran Le verset 28:38 du Coran rapporte une parole de Pharaon adressée à Hāmān : « ô Hāmān, provoque pour moi le feu pardessus l'argile, puis assigne pour moi un monument tel que je puisse atteindre les voies des cieux et regarder vers le Dieu de Moïse. »  Le point linguistique essentiel réside dans l'expression عَلَى الطِّينِ ( ʿalā al-ṭīn ) . La préposition ʿalā signifie « sur », « au-dessus de », et al-ṭīn désigne l'argile ou la terre argileuse. Le texte ne dit donc pas simplement « cuis l'argile » : il décrit littéralement un feu établi sur l'argile. Cette formulation mérite d'être confrontée aux techniques de construction de l'Égypte du Nouvel Empire. Une technologie égyptienne utilisant le feu pour les matériaux de construction Les données archéologiques montrent que les Égyptiens maîtrisaient plusieurs procédés dans lesquels la chaleur transformait ...

Note36

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Pharaon, Moïse et les signes de l'autorité divine dans le Coran 43:51-53 Le passage de la sourate Az-Zukhruf (43:51-53) mérite une attention particulière lorsqu'on le replace dans le contexte culturel et politique de l'Égypte du Nouvel Empire. Pharaon y oppose sa propre personne à Moïse en mobilisant plusieurs critères de légitimité : l'éloquence, le prestige matériel, l'or et la présence de messagers divins accompagnateurs. Pris ensemble, ces éléments composent un discours de pouvoir qui peut être éclairé par les conceptions égyptiennes de la royauté. 1. Une comparaison directe entre Pharaon et Moïse Pharaon déclare : « Ne suis-je pas meilleur que celui-ci, qui est méprisable et qui sait à peine s'exprimer ? » (Coran 43:52) La première attaque porte donc sur la parole . Ce détail est important. Pharaon ne commence pas par contester la doctrine de Moïse, mais sa capacité à incarner publiquement l'autorité. Dans une société où la parole royale possède une di...

Note35

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Lecture territoriale du récit coranique : jardins, sources, demeures et héritage du territoire hérité par Israël  Une lecture globale des passages consacrés à Pharaon permet de formuler une hypothèse géographique et historique assez précise. Le texte décrit  un ensemble territorial habité, aménagé et exploité par le pouvoir pharaonique et sa population . 1. Les possessions abandonnées par Pharaon Dans le passage de Coran 26:53-59 , Pharaon apprend le départ des Israélites et envoie des hāshirīn , des « rassembleurs », dans les villes : « Et Pharaon envoya des rassembleurs dans les villes. » « Ceux-ci sont une bande insignifiante. » Puis le récit décrit ce que Pharaon et son peuple vont perdre : « Nous les fîmes sortir de jardins et de sources, de trésors et de demeures honorables. Ainsi, Nous en fîmes hériter les Enfants d'Israël. » (26:57-59) Le terme employé pour « sources », ʿuyūn , désigne des sources ou points d'eau. Il ne s'agit donc pas du même vocabulaire...

Note34

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Ṣafiyya bint Ḥuyayy et la filiation aaronide des Juifs de Médine Ṣafiyya bint Ḥuyayy ibn Akhṭab appartenait à la tribu juive des Banū al-Naḍīr, établie à Yathrib (Médine). Les sources islamiques lui attribuent une ascendance remontant à Hārūn ibn ʿImrān (Aaron), frère de Mūsā (Moïse). Cette revendication n'est pas isolée : elle s'inscrit dans une tradition plus large concernant les Banū al-Naḍīr et les Banū Qurayẓa, deux tribus fréquemment présentées comme issues de la lignée sacerdotale d'Aaron.  Le hadith Une tradition rapportée par at-Tirmidhī (n° 3892), qu'il qualifie de ḥasan ṣaḥīḥ gharīb , relate que Ṣafiyya se plaignit au Prophète que ʿĀʾisha et Ḥafṣa l'avaient rabaissée en disant qu'elle était « la fille d'un Juif ». Le Prophète lui répondit : « Pourquoi ne leur as-tu pas répondu : comment pourriez-vous être meilleures que moi, alors que mon mari est Muḥammad, mon père est Aaron et mon oncle est Moïse ? » Des versions voisines sont également ra...

Note33

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Du Sinaï traditionnel à al-Ḫrob : toponymie, contrôle égyptien et formation d’Israël Introduction La localisation du Sinaï et du désert de Paran dépend de la manière dont on comprend la succession des événements : sortie d'Égypte, période d'errance, puis réimplantation progressive en Terre promise quittée sous persécution. La tradition a souvent identifié le Sinaï avec la péninsule qui porte ce nom. Pourtant, cette identification pose une difficulté historique touchant la fuite d'Égypte : à l'époque du Nouvel Empire égyptien, cette région se trouvait encore dans la sphère de contrôle de l'Égypte. Une autre lecture est possible qui consiste à replacer l'Exode dans le contexte géopolitique de la fin de l'âge du bronze : une période où l'Égypte domine encore Canaan (la terre promise à Abraham) sous Ramsès II [2], puis perd progressivement son influence, ouvrant la voie à un retour et une nouvelle organisation politique dans la région. La sortie de l'ord...